Vallée de l'Orne - M. Provost

Le territoire d'agrément

La Normandie est le lieu de rencontre du Massif armoricain, composé de terrains anciens plissés avec des sols plus acides et le Bassin parisien d’histoire beaucoup plus récente particulièrement pourvu en carbonates. 

Cet état de fait engendre tout un panel de paysages variés allant de reliefs marqués montueux, escarpés, à des territoires bocagers arborés plus ou moins vallonnés et des plaines céréalières, vastes étendues planes et ouvertes sur les plateaux.

Carte géologique du territoire normand : la rencontre de deux régions biogéographiques. Les ressources géologiques de la Normandie. 2020

Ainsi bien que dominée par un cortège de plantes propres aux ambiances atlantiques et sub-atlantique de l’Europe, la Normandie constitue également un carrefour biogéographique. Certains cortèges floristiques d’espèces hyper atlantiques de landes trouvent là leur limite ou à contrario pour certaines espèces thermophiles la vallée de la seine constitue leur limite actuelle d’aire de répartition..

Les milieux littoraux

La Normandie, avec ses 840 kilomètres de linéaire côtier, présente des milieux littoraux très variés et à forte naturalité. Citons : les estuaires de la côtes ouest (havres) du département de la Manche, l’estuaire de Seine, les larges baies, dont la plus vaste de France, la baie du Mont Saint Michel, les vastes plages sableuses et leurs massifs dunaires du Cotentin, les falaises crayeuses et marneuses du Pays de Caux ou du Bessin et les falaises armoricaines de la Hague.

Les zones humides

En Normandie, les zones humides sont nombreuses et diversifiées tant dans leur étendue que dans leurs caractéristiques écologiques. On y rencontre très fréquemment des prés humides inondés une partie de l’hiver à la faveur de petites vallées. Beaucoup plus vastes, les grands ensembles marécageux minéraux ou tourbeux tels les marais du Cotentin et du Bessin, le Marais-Vernier : proches du niveau de la mer, en position arrière littorale ou dans les basses vallées des fleuves côtiers, sur des sols gorgés d’eau par une nappe permanente.

Marais du Cotentin - Michel Provost

Les marais blancs du Cotentin

Le bocage et les prairies

Le bocage symbolise fortement la Normandie en particulier dans sa partie occidentale. Il est multiple : établi dans des paysages vallonnés ou non, présentant un maillage de haies en densité variable, parsemé ou non de petits bois, il est accompagné d’un réseau hydrographique plus ou moins soutenu. Néanmoins les éléments unitaires du paysage bocager restent les mêmes avec la présence de la haie, du fossé (et dans ce cas du talus qui résulte du creusement du fossé) ainsi que des mares.

Les prairies fortement liées aux pratiques d’élevages, de productions laitières et fromagères constituent, du fait de leur très grande variété et leur étendue le support central de la biodiversité normande. Elles sont cependant et depuis plusieurs décennies en régression constante et en cours de banalisation.

Les plantes des cultures

Les cultures de céréales d’hiver et de colza de la Normandie notamment dans les vallées de l’Eure et de la Seine, sur le littoral du Bessin, dans la plaine de Caen–Falaise–Argentan–Alençon et dans le Perche — abritent, surtout sur sols calcaires peu profonds, une flore messicole particulièrement remarquable bien que très fragilisée comme ailleurs.
 

La forêt

Les forêts occupent près de 14% du territoire, ce qui fait de la Normandie une région peu forestière. Celles-ci présentent cependant une grande diversité liée à la variété des sols et du climat. On y trouve notamment de vastes hêtraies à jacinthes ou à houx sur les plateaux, des aulnaies et frênaies bordant les rivières ou encore des chênaies pubescentes sur les versants crayeux des secteurs les plus xérothermophiles du sud-est du département de l’Eure.

Hêtraie à Jacinthe des bois - Hortus2000 (Wikipédia)

Hêtraie à jacinthe